* Journaliste, agitateur culturel et témoin de son époque*
Ce site archive tout un travail journalistique accompli pendant les 12 dernières années (2013 – 2025)....


Dans le paysage foisonnant du cinéma africain contemporain, « My Father’s Shadow » d’Akinola Davies Jr s’impose comme une œuvre singulière. Ce long métrage nigérian propose une approche délicate et profondément humaine, privilégiant l’intime comme porte d’entrée vers le collectif. Tanit d’argent et prix « Tahar Cheriaa » pour la 1ère œuvre à la 36e édition des JCC.
Le film se déroule à Lagos, le temps d’une journée durant laquelle deux jeunes frères accompagnent leur père dans ses déplacements à travers la ville. Un récit qui devient rapidement un parcours initiatique, où chaque geste et chaque silence prennent une valeur symbolique. La figure paternelle, à la fois présente et distante, génère des interrogations sur la transmission, l’autorité et l’absence.
« My Father’s Shadow » inscrit son récit dans le contexte politique et social du Nigeria des années 1990. Les tensions du pays servent de trames de fond, perceptibles à travers l’atmosphère urbaine, les échanges et les obstacles de la vie courante. Cette narration confond l’intime et le collectif mais toujours avec maîtrise et habileté.

La mise en scène d’Akinola Davies Jr se distingue par sa précision. Le film, dans sa manière de réaliser, capte souvent le mobile et le discret, avec la densité de la vie urbaine à Lagos sans jamais freiner le rythme. Le son mêle bruits urbains et silences, renforce l’immersion et confère au film une dimension presque sensorielle. Cette écriture cinématographique, exigeante mais accessible, fait la puissance du film.
Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, « My Father’s Shadow » a marqué le cinéma nigérian, confirmant l’émergence d’une génération qui rivalise désormais avec le cinéma mondial tout en restant ancrée dans les réalités locales du continent africain.
Œuvre de mémoire et de transmission, le long métrage a trouvé sa place dans une programmation de festival comme celle des JCC 2025, où le cinéma est pensé comme un espace de réflexion, de résistance et de dialogue entre les cultures. Un film discret mais qui ne passe pas inaperçu et qui rappelle que l’avenir du cinéma africain se joue aussi dans ces récits intimes.

Tanit d’or documentaire aux JCC 2025, « Liti Liti », connu sous son titre « The Attachement », de Mamadou Khouma Gueye s’impose comme l’une des œuvres sénégalaises récentes les plus marquantes. Le film interroge ce qui relie les êtres — à leurs proches, à leur terre, à une mémoire partagée — dans un monde traversé par les ruptures, l’effervescence urbaine, moderne et le néocolonialisme.
Le documentaire capte les petits gestes du quotidien, laisse libre cours à une parole libre, spontanée, retrace un quotidien truffé de mouvement, de brouhaha, de bruits et de casses. « Liti Liti » explore l’attachement sous ses multiples formes : en premier, celui à la terre, ce lieu de vie, puis vient l’affectif, le familial, le social. Subtilement, le film laisse émerger silences et relations humaines authentiques, vraies, solides.
Des liens soudés, qui proviennent principalement de la matriarche au cœur du film. Une dame d’un certain âge, qui raconte le contexte sénégalais actuel et son passé, marqué par les transformations sociales et les bouleversements politiques et économiques. L’intime qui devient collectif : les événements narrés dans le documentaire finiront par l’impacter, physiquement et mentalement.

« Liti Liti » est une expression ancrée dans le langage local, elle évoque la proximité, l’affection, mais aussi la difficulté de se détacher. « L’attachement » peut être à la fois un refuge et un frein. Un ressenti qui empêche d’aller de l’avant, d’évoluer, de changer. En ce sens, « Liti Liti » s’inscrit dans le réel houleux et ses contradictions, esquivant l’idéalisation d’un avenir et celle d’un présent. Point de mention au passé inexistant.
La caméra discrète, laisse le temps aux silences, aux gestes infimes, aux regards avec, comme trame de fond, le lancement d’un TER français, financé par la France. Un chantier titanesque qui promet de changer la vie des Sénégalais, en mieux, mais déracinera, parallèlement, une bonne partie de la population de leur terre. Autant de familles déplacées. Celle au cœur du film est l’une d’entre elles.
« Liti Liti » de Gueye s’inscrit dans la tradition du documentaire africain qui privilégie le vécu, l’humain et l’ancrage social, tout en posant des questions universelles sur l’appartenance, la transmission et la séparation. Le cinéma documentaire sénégalais, et plus largement africain, confirme, une nouvelle fois, sa puissance à transformer des histoires locales en récits profondément universels.

L’artiste peintre américaine, Jo Ann Morning, amoureuse de la Tunisie, présente une rétrospective picturale finement développée autour de sa ville Hammamet. Couleurs, formes architecturales et physionomies humaines se confondent dans de nombreux tableaux, en dupliquant la beauté naturelle et architecturale de cette cité et quelques-unes de ses us et coutumes.
Les couleurs à l’acrylique attirent : elles paraissent ternes, souvent vives, parfois juste éclairées par la lumière de la galerie. L’artiste peintre, Jo Ann Morning, a fait sortir ses tableaux de son atelier personnel, à Hammamet pour les afficher au grand public à l’espace «Hammamet, art et culture », le nouveau temple de la culture de la ville. Un beau timing, pendant les vacances, et qui laissent les visiteurs se perdre dans son savoir–faire artistique.
Le travail fourni fait l’effet d’une dédicace à une ville de cœur, une déclaration d’amour à Hammamet. Ses tableaux titillent l’émotionnel et le sentimental chez le récepteur, qui se reconnaît à travers les accomplissements de l’artiste. Jo Ann maîtrise son univers pictural, qui, souvent, pourrait passer pour de l’art naïf et des essais juvéniles.

Elle ne se retient pas de faire appel à son imaginaire, de transformer son vécu, le lieu où elle vit, sa perception de la ville, son ressenti et de tout exagérer dans ses œuvres, créant ainsi son propre univers, avec sa propre touche.
Les formes géométriques se confondent avec les paysages typiques et connus de la ville, son fort, les remparts, les voutes, les Hammam les gens. Sans oublier la lumière unique de Hammamet, son coucher de soleil, son ciel bleu, ses flocons de nuages.
Les œuvres sont une vision de Hammamet, l’interprétation personnelle de l’artiste. Jo Ann Morning a été fortement imprégnée par la culture égyptienne aussi, qu’elle a également présentée dans le Centre culturel international de Hammamet dans une autre exposition auparavant. Le bleu prime sur son travail.
L’artiste peintre est fière de l’effervescence culturelle des jeunes de la ville. Des jeunes qui se sont empressés de l‘inviter. L’exposition dure jusqu’au 30 janvier 2026 à la galerie de l’espace HAC et le vernissage est prévu pour le 10 janvier 2026. Les œuvres sont accessibles au public à partir du 25 décembre 2025.

La musique et la peinture s’entrecroisent, fusionnent et se complètent, comme dans «Swing», l’exposition de peinture solo de l’artiste Moncef Guiga, abritée actuellement dans l’enceinte de l’espace «Fausse note» à Hammamet.
Il ne manquait que la musique comme fond sonore pour accompagner les visiteurs curieux, venus découvrir sur place les tableaux de l’artiste Moncef Guiga. Ce chirurgien, et artiste de renom, a puisé, cette fois-ci, son inspiration et son rendu pictural, dans la musique et la danse : Enchaîner les tableaux, c’est comme passer en revue des moments scéniques figés dans sa mémoire.
Des souvenirs captés dans le temps et convertis désormais en tableaux peints de plusieurs personnalités de la chanson internationale et des danseurs et breakdancers.
D’un couple dansant le Tango, à la danse contemporaine des rues en passant par Michael Jackson, J.L Hooker, Nirvana, Miles Davis entre autres, artistes et musiciens maniant la contre – basse, le piano ou le saxo ont fait l’éclat de ses peintures.
Autant de diversités étalées sur les murs de la salle d’exposition. L’entente est passée d’une manière fluide entre la direction de l’endroit et l’artiste, qui ont choisi comme fil conducteur et commun «la musique, le chant et la danse».
«Fausse note», étant le QG des arts dans la ville de Hammamet, la thématique a directement été adoptée.
En plus de sa carrière médicale, Moncef Guiga est peintre. Il a exposé ses œuvres depuis les années 1990 dans plusieurs galeries et manifestations en Tunisie. Son travail est éclectique, avec des paysages, des scènes de vie, des moments figés et divers, faits en compositions colorées inspirées de la musique, de la nature et autres. Moncef Guiga a également écrit des ouvrages, dont un livre sur l’histoire de la médecine.
L’artiste a toujours alterné sa carrière médicale en chirurgie esthétique et sa passion fructueuse pour la peinture.
Copyright Photos : Mohamed DHIBI

Les peintures d’Adel Akremy transportent les visiteurs dans des villes et des atmosphères urbaines, propres à la Tunisie, toujours festives et familières. L’authenticité et l’ambiance de chaque lieu peint rappellent une nécessité : celle de toujours valoriser, à travers l’art, un mode de vie tunisien et un savoir–vivre en collectivité unique.
Plonger dans les peintures d’Adel Akremy, c’est sillonner des villes et des lieux emblématiques de Tunis à travers son art, et en usant d’une palette de couleurs fortement attrayante.
C’est revoir des silhouettes, revivre des scènes de vie ordinaire, visiter des hauts lieux de vie comme le marché central de Tunis, les corniches des villes côtières de la capitale. A travers son art, le peintre titille le récepteur : il sait faire remuer la mémoire et les sens, à sa manière, et c’est du baume pour la vue.

Né en 1956, l’artiste a toujours été autodidacte. Son univers a viré vers le cubisme et, au fil des décennies, il s’est imposé comme étant un artiste peintre incontournable de la scène locale.
Il a sillonné les galeries, fait la connaissance de mécènes et s’engage dans chaque exposition accomplie, comme celle tenue récemment à Nabeul et qui en dit long sur son contenu coloré, éclairé, éclatant et éclaté. Elles font effet comme des rayons de soleil dans la brume hivernale et sa grisaille.
Avant Nabeul, et sur plus de 25 ans, Adel Akremy a exposé en Europe et un peu partout dans le monde tout en s’ancrant dans son pays et ses régions.
Très vite remarqué par les professionnels de l’art, il est exposé dans les galeries d’art et dans les manifestations artistiques importantes, telles que le « Printemps des arts », « Art Tunis Paris 2011 », le musée du Montparnasse, mais aussi à Venise, où il est sélectionné pour « Imago Mundi ». « Lumières en Hiver », cette exposition solo, puise sa force de la réalité du quotidien tunisois et tunisien, de sa banalité magique, des personnes et personnages qui transcendent notre vécu collectif et nos ambiances citadines distinguées.

Curieux et visiteurs se sont laissé happer par une esthétique photographique nouvelle, signée par l’artiste Dalanda Manai. A travers ses prises, elle a habité le lieu pendant plus d’une quinzaine de jours, permettant ainsi à un large public de découvrir son travail distingué autour de négatifs photographiques à l’espace HAC de Hammamet.
C’est par l’effet attractif des négatifs colorés que les passants se laissent séduire par les tableaux photographiques. Plus d’une vingtaine d’œuvres ont orné les murs de cette nouvelle galerie «FineArt». «Le corps et ses fantômes», tel est l’intitulé de l’exposition de Dalanda Manai, fait écho à son contenu.

Une présence féminine lambda, qui ne laisse pas indifférent, habite les différents tableaux, aux divers formats. Son corps est au centre de tous les lieux visibles. L’artiste met en valeur ce corps féminin, décomplexé, criant de liberté, avec sa nudité, transformée par l’effet coloré des négatifs. Son personnage central, une jeune femme, au centre de toutes les prises, apparaît et disparaît dans d’innombrables endroits. L’inconnue est en osmose avec elle-même, la végétation, la chambre ou le bestiaire, visibles au fil des prises.

Elle erre d’un lieu à un autre, comme une lumière qui se faufile, en alternant apparitions et disparitions. La matière chimique, celle du négatif, fusionne avec la biologie du corps féminin et donne lieu à une écriture esthétique inédite. Le travail photographique effectué est puisé dans une mémoire, un passé, qui allie mise en valeur corporelle et lumière. Une lumière qui illumine cette présence féminine centrale,qui émane de ce même corps. Elle brille dans un lieu clôt, comme dans une chambre à coucher, et épouse la nature, en plein air. La jeune femme court, s’étend, contemple et se laisse capturer.
L’exposition fait du corps photographié une source inépuisable de lumière : un corps qui irradie tout dans ses moindres mouvements, l’effet «apparition / disparition» qui raconte le temps furtif et fige, mouvements et moments, sans oublier, «L’être immobile», qui traverse les lieux fermés et la nature, l’intérieur et l’extérieur, tout en s’imprégnant de nombreuses couleurs, reflet de l’effet négatif. L’exposition prend fin le 7 décembre 2025 à l’espace HAC «Hammamet Art & Culture», un nouveau temple des arts de la région, ouvert au public, et qui programme expositions, ateliers artistiques, théâtre, conférences et projections de films.


Ouvert aux collaborations média et aux expériences inédites ...
